La Presse Sportive Guinéenne est-elle sans boussole ? ( par Diongassy Bah)

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Depuis septembre 2018, la Presse Sportive Guinéenne évolue sans aucun véritable guide, car le dernier congrès électif de l’Association de la Presse Sportive de Guinée  » Pathé DIALLO » ( APSG) date de 2014.

Logiquement et légalement, le mandat de ce bureau exécutif a expiré depuis le mois de septembre 2018. Fort malheureusement, aucun journaliste Sportif n’en parle et personne ne s’en offusque. Pourtant, le rôle régalien de cette structure est connu de tous, c’est notamment, insuffler la solidarité entre les journalistes sportifs afin qu’ils regardent tous dans la même direction, imprimer une bonne dynamique à la corporation, favoriser la formation régulière des journalistes, qui en ont forcément besoin, sans passer par un choix sélectif et népotiste, leur permettant de couvrir les compétitions sportives majeures, entre autres.

Sauf que, depuis 2014, l’année à laquelle l’actuel président de ladite association, Amadou Tham CAMARA a été plébiscité avec les 14 membres du bureau exécutif, ce crédo n’a été que du miroir aux alouettes pour la plupart des Journalistes Sportifs guinéens.

Depuis cette date, combien de journalistes ont bénéficié de formations? Les quelques-uns qui en auraient bénéficié, par quel mécanisme ont-ils été sélectionnés ? Combien de journalistes, cette association a fait voyager pour couvrir un évènement sportif si petit soit-il ? Combien de conflits cette association a réussi à gérer au sein de la corporation, ne serait-ce que des diarrhées verbales qui prennent des tournures inquiétantes entre les confrères, à un moment donné?

Qui des membres du Bureau Exécutif de cette association peut répondre à cette série de questions sans gêne et sans ambages ? Personne, en tout cas, après un examen de conscience !  D’autant que chacun connait comment les journalistes sont coptés pour des formations, concernant les couvertures médiatiques des événements sportifs, c’est toujours les mêmes visages, c’est-à-dire « les petits des grands », cette triste réalité est un secret de polichinelle au sein de la corporation et cela ne date pas d’aujourd’hui, malencontreusement.

Pourtant, la Presse Sportive de Guinée regorge des talents, oui des talents purs. En dépit de la précarité, de la sécheresse  économique, elle a également, en son sein des grandes gueules, qui, à un moment donné feront tâche d’huile quand ils dénoncent une situation fâcheuse comme celle-ci. Chacun se contente des futilités et laisser la plaie pourrir et se gangrener du jour au lendemain, cependant. Il ne faut jamais esquiver l’essentiel.

Alors, la presse sportive doit impérativement et illico dare-dare se réveiller de cette profonde léthargie pour ne pas dire de ce coma artificiel qui n’a fait que trop durer. Se réveiller, oui, parce que la presse sportive n’a pas d’association depuis belle lurette, ce néant est un vide de trop qu’il faut combler. Il faut oser dire que ce silence de trop est coupable de trop.

Pour s’apercevoir qu’il faut urgemment sauver la presse sportive, il suffit juste de s’amuser à surfer sur la page Facebook de cette prétendue association, on se rendra compte, combien de fois cette presse a mille fois tort de laisser cette situation perdurer dans un néant total. C’est une page Facebook de moins 175 abonnés, moins de 5 likes par publications et qui peut faire 5 mois sans la moindre alimentation. Qui est ce journaliste Sportif qui n’a pas plus de cent (100) likes par post et autant de commentaires? C’est inacceptable qu’un journaliste soit plus populaire, plus suivi qu’une association qui regroupe une cinquantaine de médias. Ce paradoxe est intolérable!

Depuis que les quatorze membres sont élus  au mois de septembre 2014, deux ont tiré la révérence, notamment Attephe Chaloub( Que Dieu  ait son âme au Paradis) depuis le 4 février 2020. Deux ans après sa disparition, feu Attephe Chaloub est toujours l’un des vice-présidents de cette association. C’est une aberration de le savoir.

D’ailleurs, le premier à répondre à l’appel de l’Architecte de l’Univers,  c’est Ansoumane BANGOURA, Jean Paul pour les intimes, secrétaire chargé à l’organisation de ladite association, décédé depuis le 1er mai 2019 ( que le Tout Puissant Allah ait pitié de son âme) son poste demeure toujours vacant. La question que d’ailleurs moult journalistes, objectifs se posent chaque jour que Dieu fait, qu’est-ce que cette association a fait ou est en train de faire pour ces illustres disparus? Des sacrifices? Des prières collectives ? Des gestes dans leurs familles respectives ? Il semblerait que même des posts de rappel pour au moins commémorer la journée de  chaque anniversaire de leur disparition ne sont pas faits. La réponse la plus éloquente de cette inquiétude  se trouve sur la page Facebook de cette sacrée association sportive. Quand vous surfez la page, le pari, c’est que vous serez plus que choqués.

 Si  cette triste  situation est possible, c’est parce que, le Bureau Exécutif de l’Association de la Presse Sportive de Guinée  » Pathé DIALLO  » est également  un poste vacant. Dans ce cas, la Nouvelle Génération doit prendre les responsabilités qui s’imposent pour le bien de notre Sport, un truc qui nous est commun à tous.

Cette plume est loin de remettre en question la probité morale, le professionnalisme, encore moins  le quotient intellectuel des journalistes sportifs qui composent ce bureau exécutif « périmé ». Pour le savoir, il suffit juste de voir la liste des membres de ce bureau, c’est la crème de la crème de la presse Sportive guinéenne. Je m’incline d’ailleurs, devant leurs exaltants et passionnants  parcours.

Malheureusement, cette crème s’est occupée  à autre chose au détriment de cette structure qui aurait dû être une institution pouvant  influencer beaucoup de prises de décisions dans l’échiquier sportif. C’est-à-dire  que cette crème n’a pas le temps ou ne se donne pas le temps  pour que cette association respire à pleins poumons. C’est  désormais clair que l’avenir de cette corporation dépendra de ce que cette nouvelle génération  fera d’elle. Vaincre ou périr !

Pendant ce temps, dans les autres pays, les Associations Sportives se montrent  indépendantes  et s’assument.  Le Sénégal tout près en est une belle illustration. Pour rappel, la Presse Sportive Sénégalaise a bénéficié de 80 accréditations lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations Cameroun 2021. Mieux, pour mettre ses journalistes  dans un confort de travail, il s’avère  que l’Association  avait loué presque  tout un hôtel pour eux. En Russie 2018, à  l’occasion de la 21ème Messe Mondiale, cette même Structure sportive  a bénéficié de 35 accrétassions pour ses membres.  Pour la prochaine Coupe du Monde, prévue au Qatar, l’instance  faîtière du football mondial accréditent 48 journalistes sportifs. C’est d’une telle association  dont on a urgemment besoin en Guinée.

Loin au contraire, en Guinée ce sont des copains, des copines, des maîtresses, des militants, des flatteurs( griots déguisés), des mendiants actifs qui vont dans ces rendez-vous sportifs au nom des pauvres journalistes sportifs qui, pourtant  bourlinguent  qu’il pleuve ou qu’il neige, toujours dans un espoir qui va decrescendo, car hypothéqué par un clan.

C’est à la nouvelle génération de reprendre le flambeau et rallumer la flamme afin d’éclairer le chemin de la presse sportive. Il est inconcevable et inadmissible qu’un pays qui regorge une trentaine de disciplines sportives  n’ait pas une association sportive digne de nom. Pendant ce temps, toutes les semaines que Dieu fait, notamment les week-ends, la plupart  des journalistes sportifs fustigent en longueur des journées le mauvais comportement des uns et des autres.  C’est bien beau de critiquer les dirigeants des clubs, taper sur des entraîneurs, se déchaîner contre les athlètes, fustiger les autorités à  tous les niveaux, c’est bien beau de demander à l’autre de balayer devant sa porte, mais c’est mieux et honnête de balayer devant la sienne.

Imaginons si chaque journaliste Sportif faisait pour cette Association la moitié  de ce qu’il fait  pour son Organe de Presse ou pour son propre compte Facebook, elle aurait une visibilité  digne de son rang jusqu’à plus de 100 milles abonnés.

Il faut clairement dire que, le pays de Mamadouba Paye CAMARA, de Mamadou Antonio SOUARÉ, de Kerfala Person CAMARA(KPC), de Sakoba KEÏTA, de Dr M’Bambe SACKO, de Chérif Souleymane, de Hafia 70 et tant d’autres méritent mieux. Ah oui, ils méritent une Association de Presse Sportive digne de ce nom, efficace et efficiente.  Surtout, cette Presse doit être vent debout contre tous les tares qui gangrènent et minent le Sport Guinéen afin d’encourager l’excellence.

Mais ce qui est exécrable  et  regrettable dans notre pays, servir des individus est devenu monnaie courante, c’est l’opium de la plupart des journalistes sportifs, la religion  des « journaleux ». Il est  important de se rappeler que la vie d’un Homme va de zéro à cent (100) et celle d’un peuple va de zéro à l’infini. Alors, c’est kafkaïen, ubuesque, aberrant et  saugrenu de servir un homme au détriment de notre sport. Il faut rappeler  à ceux qui font l’amalgame que le rôle régalien de la Presse, c’est  d’influencer positivement  le bien-être de tous et non d’un individu. “La presse a succédé au catéchisme dans le gouvernement du monde. Après le pape, le papier », le disait l’écrivain français du XIXeme siècle, Victor Hugo.

Dans un pays normal où  les Hommes  sont conscients et consciencieux, on doit miser sur la couche juvénile. Ceci étant, la presse sportive doit incarner la boussole du Sport qui est tout simplement un vecteur  de concorde et de développement d’une Nation.  C’est pourquoi, la Nouvelle Génération a le devoir absolu de s’assumer pour combler ce vide béant, grandement ouvert par les aînés.

Chers confrères, le défi est grand et le  chantier est à  l’état  embryonnaire, alors soyons à la hauteur pour respecter le rendez-vous de l’histoire sportive de notre Guinée. Négligeons les débats des personnes, ne perdons plus le temps pour des « petites personnes » au détriment de l’essentiel, car ces individus passent mais la nation reste. Ne confondons plus ce qui est éphémère et ce qui est éternel.

Cependant, pour ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, il faut avoir le  courage de reconnaître que depuis belle lurette, le seul maillon qui fonctionne dans cette chaîne corporative, surtout dans les règles de l’art,   c’est bien l’équipe de l’ASPG de football, conduite par Amadou Lamaya CAMARA. C’est par le  canal de cette dynamique équipe que les uns et les autres parlent et entendent parler de l’Association de la Presse Sportive de Guinée. Le dernier  tournoi corporatif des MÉDIAS en fait foi. Sinon personne n’en parle et personne n’en fait une priorité.

Pour terminer, Chers confrères, une fois encore, privilégions la priorité et allons à l’essentiel. Le chemin est certes long et plein d’embûches mais même la nuit la plus sombre prendra fin et le soleil se lèvera. Exigeons une Association de la Presse Sportive de Guinée moderne, modèle et qui s’assume,  sans quoi trouvons-nous en illico presto. Ça urge! Ça urge! Ça urge !

Mamadou Diongassy BAH, journaliste Sportif