Ordures, saleté, puanteur, maladies…Pourquoi accepter de vivre ainsi? (Par A. Tidiane Sylla)

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LE CHOC DE MR ROBERT SARAH

« Lorsqu’on descend à l’aéroport [de Conakry], on est heureux de retrouver le sol de notre pays. Mais ce qui attriste, c’est la saleté. C’est comme si on a perdu le sens de la dignité. Quand un étranger voit notre ville très sale, est-ce qu’on n’en a pas honte ?  J’ai vu des gens qui versent la poubelle au milieu de la rue. Je n’ai vu dans aucune ville du monde un tel comportement ! Comment est-il pensable que des hommes intelligents laissent les saletés au milieu de  la rue ? Cette saleté physique représente peut-être la saleté intérieure, celle qui réside dans notre cœur » s’indignait  le cardinal Robert Sarah il n’y a pas longtemps.

Guinéens que nous sommes, comment faisons-nous pour vivre ainsi ? Qu’est ce qui nous empêche de vivre dans un environnent propre,  hygiénique et avoir une ville propre et des attitudes civiques ?

L’ECHEC DE LA GOUVERNANCE ALPHA CONDE

A l’arrivée du Président Condé, la question d’insalubrité de la ville était déjà au cœur  de tous les débats et cela continue jusqu’à nos jours. Des programmes de nettoyage de la ville ont germé de tout  les côtés, sauf que tous ont lamentablement échoué, parce que des fonds alloués pour ces opérations ont été détournés et son contrôle a fait l’objet de bagarre  entre le MATD, le Gouvernorat et la Primature.

L’amateurisme et la corruption ont  fini par faire échouer toutes les politiques lancées  ou soutenues par le gouvernement dans ce sens. Nous avons vu les programmes des différents gouverneurs de Conakry de Resco Camara à Maturain Bangoura en passant par Soriba Sorel. Des programmes qui n’ont servi qu’à entretenir la  Mamaya que de rendre notre ville propre. C’est encore pire aujourd’hui car nous assistons à une autre supercherie appelée « Conakry ville propre » qui interdit aux citoyens de se déplacer tous les derniers samedis du mois alors que les montagnes d’ordures continuent  à se former dans les marchés, à boucher les caniveaux et à rendre la ville de plus en plus sale. Une simple opération de communication à coup de milliards de francs guinéens. Guinéens, Indignez-VOUS !

QUELQUES STATISTIQUES !

Pour une population de mois de 2 millions d’habitant et pendant 9 ans, on est incapable de rendre cette ville de Conakry propre.  Ce qui ne vaut même pas la population d’une commune de Lagos ou un village de la Chine. Conakry produit 1000 à 2000t d’ordures par mois. En 2018, en 6 mois, 40000 t d’ordure ont  été produites. Pas de mécanisme d’acheminement des ordures, plus de Bacs à ordures dans les quartiers, pas de centre d’enfouissement dans les décharges, ainsi de suite. Les populations sont envahies par des ordures dans presque tous les quartiers !

Un refus de confier ce travail aux PME pour, non seulement investir dans ce domaine, mais aussi créer des emplois pour les jeunes. Selon certaines informations, Kigali réputé être la ville la plus propre de l’Afrique avait fait appel il y a des années à des experts guinéens dans le domaine de gestion des ordures. Que fait notre Etat et quel est son rôle ?

DES ORDURES ET SALETES  QUI NOUS TUENT !

L’abandon des préoccupations des populations par l’Etat a fait périr des citoyens dans l’éboulement de la décharge d’ordure de Dar-es-Salam en 2017  et 9 personnes ont péri dans cet affaissement parce que l’Etat a laissé une montage d’ordures s’élever dans le quartier pendant des années sans se soucier de la sécurité des riverains. Gouverner c’est anticiper !

Par  ces saletés et ordures, s’est  développé un environnent favorable à  l’épanouissement des maladies et fièvres hémorragiques telles que nous l’avons vécu avec le Cholera, Ebola et maintenant la fièvre Lassa. Guinéens indignez-vous ! Nous devons bien vivre et vivre dignement !

CONAKRY  UNE VILLE PROPRE, C’EST POSSIBLE !

Si des experts guinéens ont servi  à Kigali pour rendre cette ville propre jusqu’à en faire la première ville propre du continent, oui c’est possible pour la Guinée aussi. Il faut de la volonté politique et de la compétence.

En 1996, lors de la primature de Sidya Touré,  il n’y avait aucun mécanisme de gestion des ordures en République de Guinée. Son gouvernement a défendu un projet qui a été financé par les Etats-Unis à hauteur de cinq ( 5) millions de Dollars US. C’est ainsi que la SPTD (Service Publique de Transport des Déchets) et les PME de ramassage d’ordures  ont été créées. En 1998, un site d’enfouissement avait été identifié après Dubréka pour assainir le site de CONCASSEUR qui se retrouve aujourd’hui en pleine agglomération. Pendant ce temps, Conakry était propre !

Comme pour dire que oui, C’est possible, Conakry peut devenir une ville propre !

Indignez-vous !

Ton vote détermine ton avenir !

Ton choix détermine ton avenir !

La Guinée mérite mieux !

Ahmed Tidiane Sylla

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