Nouvelle journée de tension au Sénégal : plusieurs morts enregistrés

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Au Sénégal, 4 morts sont à déplorer depuis le début des manifestations. C’est le bilan avancé ce vendredi soir par les autorités. Les violences liées à l’arrestation d’Ousmane Sonko mercredi se poursuivent au Sénégal. L’opposant accusé de troubles à l’ordre public a été placé en garde à vue. La tension reste forte à Dakar ce vendredi soir. Dans une courte déclaration, le ministre de l’Intérieur affirme que le gouvernement emploiera « tous les moyens nécessaires » pour ramener l’ordre.

Il a dénoncé des « actes de provocation sans précédent et sans commune mesure » avec le soutien « de forces occultes identifiées ». Le ministre condamne des actes de « nature terroriste », des saccage, des pillages, avant, à la fin de la déclaration, d’annoncer une « perspective d’un allègement » du couvre-feu sanitaire actuellement en vigueur.

Ce vendredi soir, la situation très volatile, avec des rassemblements de manifestants dans divers secteurs. Un appel à une marche pour « la défense de la démocratie » -le mot d’ordre- avait été lancé cet après-midi en centre-ville, avec comme objectif la place Soweto, près de l’Assemblée nationale, mais ceux qui ont tenté de s’en approcher ont été dispersés à coup de gaz lacrymogène par les policiers et les gendarmes du GIGN. La foule s’est alors éparpillée dans les rues adjacentes en criant « Libérez Sonko », « il nous comprend » « on marche pour notre dignité », « on en a marre ».

Tous les commerces du centre-ville sont fermés, aucune circulation, et une tension palpable, avec des mouvements de groupes régulièrement dans différents quartiers. Des incidents ont été signalés tout au long de la journée, à l’université Cheikh Anta diop, à la Médina, vers la place de l’Obélisque, à Colobane, des pneus brûlés sur certains axes, des nuages de fumée, des pick-ups non immatriculés chargés de jeunes casqués. Parallèlement, des magasins ont encore été pillés, notamment des supermarchés Auchan – et des bâtiments attaqués. Des scènes de guérilla urbaine.

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Une ambiance délétère donc, mais pas de réaction des autorités depuis un communiqué du gouvernement jeudi soir, pour dénoncer les violences, et rappeler l’état de catastrophe sanitaire. Pas de nouveau bilan confirmé sur le nombre de décès – 1 a été confirmé officiellement hier – sur le nombre de blessés ou d’interpellations. Le mouvement Y’en a marre, qui avait –entre autres- appelé à la mobilisation cet après-midi, a annoncé l’arrestation de deux ses membres, les rappeurs Thiat et Kilifeu.

A noter la réaction du représentant spécial de l’ONU pour l’Afrique de l’ouest et le Sahel Mohamed Ibn Chambas, qui appelle au calme et à la retenue et exhorte les autorités à prendre les mesures nécessaires pour « apaiser la situation ».

Plusieurs villes de l’intérieur théâtre de scènes de colère
Dans certaines localités, des édifices publics ont été saccagés. Mais globalement, les manifestations de l’après-midi se sont déroulées sans incidents majeur. Ce vendredi matin, à Saint- Louis (nord), des élèves ont délaissé les bancs de leurs écoles pour manifester dans les rues. Ils ont tenté de bloquer l’accès au pont Faidherbe, provoquant des affrontements avec les forces de l’ordre. Selon plusieurs sources, des jeunes auraient ensuite incendié le siège de l’APR, le parti du président.

Des scènes de colère signalées aussi dans le sud du pays : à Bignona, la maison du préfet a été saccagée. A Sédhiou, la gouvernance, la mairie, l’inspection d’académie et le bâtiment des Eaux et Forêts ont été vandalisés par des groupes de jeunes.

« Ç’aurait pu être une manifestation pacifique, mais les jeunes ignorent que l’administration travaille pour le bien de tous », regrette Souleymane Diallo, un enseignant qui déplore la destruction de biens publics et privés.
Source: rfi.fr