Niger: le nouveau président, Bazoum, a prêté serment ce vendredi

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Au terme de ses deux mandats constitutionnels, Mahamadou Issoufou a remis ce vendredi matin les clés de la présidence à son successeur, Mohamed Bazoum.

Dans son tout premier discours, le nouveau président a rendu un hommage appuyé à Mahamadou Issoufou qui passe la main après dix ans de pouvoir. Mohamed Bazoum a parlé longuement de son ami de 30 ans, avec qui il a fondé le PNDS, le parti au pouvoir, en 1990. « L’acte de naissance d’un projet dont la présente cérémonie n’est pas le moindre aboutissement », a-t-il déclaré.

Mohamed Bazoum place clairement son futur mandat dans la continuité de ce qu’a accompli Mahamadou Issoufou. Il reprend donc des thèmes de son prédécesseur : l’amélioration de l’éducation, et notamment la scolarité des jeunes filles. La démographie également. Mohamed Bazoum a évoqué le « cercle vicieux » dans lequel le Niger se trouve enfermé. Le nouveau président a aussi promis de prendre à bras le corps la question de la corruption. Plusieurs scandales ont émaillé le mandat de son prédécesseur, comme celui des détournements au ministère de la Défense. « Quiconque a une responsabilité dans l’administration répondra de ses actes », a-t-il prévenu.

Fait notable de ce discours, cette main tendue à la société civile. Mohamed Bazoum a déclaré qu’il fallait « mettre un terme au malentendu » qui les opposait, le nouveau président assurant qu’il consacrerait son mandat à la lutte pour la justice sociale.

Un parterre de chefs d’État

Cette cérémonie d’investiture se déroule en présence d’une dizaine de chefs d’État africains au centre Mahatma Gandhi de Niamey. Parmi eux, certains voisins sahéliens, comme le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, le tchadien Idriss Déby ou encore le mauritanien Mohamed Ould Ghazouani. La France quant à elle, est représentée par son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Ses partenaires dans la lutte contre le terrorisme sont donc là, car la sécurité sera l’un des plus grands défis de Mohamed Bazoum.

Cette sécurité est loin d’être acquise, y compris à Niamey où, selon les autorités, une tentative de coup d’État a échoué il y a deux jours. Pour sécuriser cette investiture un dispositif sécuritaire colossal a donc été mis en place. La garde présidentielle, la police, la garde nationale ont été mobilisées.

Dans son discours Mohamed Bazoum a remis les points sur les i, la justice fera son travail et quiconque tentera de remettre en cause l’ordre républicain, devra y répondre. Enfin, le président élu a évoqué la lutte contre le terrorisme, temps fort de son discours d’investiture.

“Le terrorisme est un vrai malheur pour notre pays, cela d’autant plus que ses bases ont hors de notre territoire. Ceux qui en sont les chefs relèvent d’autres pays. Jamais aucun chef terroriste n’a fait cas de griefs contre notre État, encore moins formulé de revendication à sa direction. Dans la région de Diffa, Boko Haram a déstabilisé l’économie depuis janvier 2015. Mon ambition est d’engager immédiatement des discussions avec les autorités du Nigeria pour particulièrement créer les conditions du retour dans les meilleurs délais de tous les réfugiés dans leur pays. Mon ambition est de permettre le retour tout aussi rapide des déplacés dans leur village respectif en leur assurant la sécurité à laquelle ils ont droit. Cela est une nécessité impérieuse car les enfants déscolarisés et désœuvrés, vivant dans les camps de réfugiés et de déplacés, constituent à mes yeux qu’ils grandissent une véritable pépinière pour le banditisme et le terrorisme”.