Journée mondiale de la liberté de la presse: le difficile quotidien du journaliste guinéen ( Par Mamadou Lamine Barry)

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Ce 3 mai, l’humanité cèlebre la journée mondiale de la liberté de la presse. Une occasion pour rappeler l’importance de la liberté d’expression gaze de toute toute démocratie dit-on. Une liberté d’expression qui se manifeste principalement par voie de presse mais pas seulement car il y’a d’autre moyens d’expression de cette liberté comme la production litteraire. Mais comment le journaliste guinéen est traité dans les rédactions et sur le terrain?

Si dans d’autres pays, le journaliste a le minimum qui lui permet d’exercer son métier convénablement, qui le met á l’abri des petits besoins. En Guinée, beaucoup sont des journalistes qui tirent le diable par la queue. Ils touchent un salaire de famine. Tenez vous bien certains sont payés ou tout au moins primés en deçà du SMIG. Pour vous dire vrai, il y a des journalistes dans des rédactions qui touchent 350000 francs guinéens par mois. Certaines entreprises de presse sont devenues des veritables industries d’exploitation. Dans ces conditions, comment voulez-vous que le journaliste soit impartial alors que tous les ingrédients sont reunis pour qu’il tende son micro á celui qui est en même de lui donner des miettes? Cela au détriment d’un principe sacro-saint du journalisme qu »est l’équilibre de l’information.

Cependant il y a des entreprises de pressse en Guinée qui se démarquent, qui créent des conditions favorables à leurs journalistes. Pas besoin de les lister ici. Qu’elles reçoivent toutes mes félicitations et j’encourage celles qui trainent les pas de les hâter pour être au même niveau au tout moins de s’approcher des autres même si encore une fois je reconnais de passage qu’elles n’ont pas le même revenu.

L’autre croix de barrière á laquelle le journaliste guinéen fait face est le mépris. Le manque de considération d’abord de la part des detenteurs des informations publiques, les gouvernenants. Nombreux sont ces gouvernants qui prennent le journaliste comme étant leur esclave, leur planton. Quand ils vous invitent á couvrir leurs événements et surtout quand ils ont payé quelque chose au niveau des rédactions, vous devenez automatiquement des sujets. Ils ( organisateurs d’événements) vous ( journaliste) trainent un peu partout. Vous ne devez pas vous plaindre au risque de vous charger au niveau de vos chefs hiérarchiques et les sactions risquent d’être très lourdes car ce comportement est synonyme de menace contre leurs intérêts. Donc le journaliste doit encaisser tous les coups.

En suite, l’autre mépris vient des citoyens. Des citoyens hostiles á la presse. Pour eux, rien ne sert á se prêter aux questions d’un journaliste car de toutes les façons, rien ne va changer. Ils prenent le journaliste comme un décideur alors qu’en réalité il n’est qu’un informateur. Au délà de ça, il n y a plus rien qu’il puisse faire. Parfois, ils s’en prennent á lui, on le traite d’escro, de vendu.

Voilà donc le quotidien du journaliste guinéen. Tout ça doit changer car le journaliste est indispensable pour la survie de la démocratie dans un pays.

Mamadou Lamine Barry, Journaliste

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