Deux catégories de personnes reprochent au FNDC l’absence de stratégie ( par Me Traoré)

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La première catégorie est composée de personnes qui n’ont jamais appartenu au FNFC, qui le combattent même farouchement et qui souhaitent de tout leur cœur qu’il échoue dans son combat. Car le succès du FNDC équivaudra à leur propre défaite. Ce sont des adversaires déclarés du FNDC. Leur petit jeu est bien connu et ne trompe que les crédules. Il n’est pas besoin de leur répondre car aucune réponse, aucune explication ne peut leur faire changer de position.

👉La deuxième catégorie comprend des gens dont l’engagement dans le FNDC est sans équivoque. Ils sont des « militants » de première heure du mouvement anti troisième mandat. Mais ils sont simplement déçus et frustrés par le fait qu’en dépit des manifestations du FNDC depuis octobre 2019, le pouvoir met en œuvre tout ce qu’il avait envisagé et déroule en toute tranquillité son agenda notamment l’adoption d’une nouvelle constitution et probablement l’annonce bientôt de la candidature de l’actuel Président de la République à un troisième mandat. Ils considèrent cela comme un échec du FNDC. Ils demandent de très bonne foi un changement de stratégie. Mais lorsqu’on leur demande de proposer une nouvelle stratégie, ils parlent de désobéissance civile. Il y en a qui parlent aussi d’insurrection populaire. Les plus radicaux vont jusqu’à suggérer ou tout au moins insinuer l’emploi de moyens violents. Il est important de préciser qu’aucun leader du FNDC n’a jusqu’à présent pas fait allusion à l’emploi de moyens de revendications non prévus par la loi.

Les dirigeants du FNDC, sans distinction, n’appellent leurs membres qu’à des manifestations pacifiques. Ce qui est à saluer. Quant à l’insurrection populaire, il est presque impossible, dans le contexte actuel, que toutes les préfectures de la Guinée s’insurgent en même temps contre ce régime ce, en raison de l’une des plus grandes réussites de ce pouvoir à savoir la communautarisation à outrance du débat politique et les achats de conscience.

En 2007, 30 sur 33 préfectures s’étaient soulevées contre le régime du Général Conté. Si Conté avait lui aussi joué sur ces deux registres que sont la fibre communautariste et les achats de conscience , il aurait peut-être réussi sans peine à canaliser l’insurrection contre son régime. Mais il n’était pas un grand praticien de la politique politicienne.C’est-à-dire cette idée qu’en politique, la fin justifie les moyens. C’est pourquoi, la presque totalité des préfectures de la Basse-Côte, région dont le Général Conté était un des fils, s’était jointe aux autres régions de la Guinée pour contester et faire vasciller son régime.

En ce qui concerne la désobéissance civile, la question est de savoir en quoi elle pourrait consister. En d’autres termes, il faut lui donner un contenu précis. Ce qui permettrait aux citoyens de savoir ce qui leur demandé. Mais quoi qu’il en soit, les chances d’une désobéissance civile sont très hypothétiques dans un pays comme le nôtre. Dans tous les cas, le FNDC demeure ouvert à toutes les propositions pourvu qu’elles permettent de faire aboutir ses légitimes et nobles revendications.

Me Mohamed Traoré, membre du collectif des avocats du FNDC