Concertaton annoncée par le CNRD: Attention, il ne s’agit pas d’une foire

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Le comité national du rassemblement et du développement ( CNRD), à l’origine du coup d’Etat du 05 septembre 2021 qui a évincé Alpha Condé du pouvoir, annonce à travers un communiqué une série de concertations avec les partis politiques, les organisations de la société civile, les organisations patronales, les sociétés minières, les Coordinations régionales etc.
Hormis, la précision relative au nombre de représentants des Coordinations régionales ( 5 représentants par coordination), le comité du CNRD est resté vague. Quand le communiqué dit que les partis politiques sont conviés à une concertation ce mardi 14 septembre au palais du peuple. A mon avis, plusieurs questions ou de clarifications devraient être apportées. Combien de partis politiques existent en Guinée aujourd’hui. Je ne crois pas que même le ministère de l’administration du territoire national soit en mesure de répondre à cette interrogation tellement ces dernières années on a assisté à une floraison de partis politiques. Certaines formations politiques certes légales puisqu’elles ont eu l’agrément, mais d’autres non. Mais le problème n’est pas là. Il se situe au niveau de l’existence de ces organisations politiques sur le terrain. Il y’ a aujourd’hui des partis politiques qui non seulement n’ont pas de sièges mais ne tiennent aucune réunion. En un mot, ils n’existent pas sur le terrain mais avec l’arrivée au pouvoir de l’armée,  » des présidents » des partis cherchent à déterrer leurs formations politiques pour impressionner la junte militaire. A mon avis donc, pour éviter de tomber dans ce piège, le CNRD doit définir un certain nombre de critères pour éviter que cette concertation annoncée ne ressemble à une foire, un grand bazard. Parmi, ces critères, c’est la représentativité, c’est la présence effective sur l’échiquier politique, l’animation de la vie politique. Peut-être même, sachant que tous les partis sérieux appartiennent aujourd’hui à des blocs et coalitions politiques, qu’ils se retrouvent en amont pour discuter à l’interne pour accoucher quelque chose sur papier et designer des représentants pour aller à cette concertation. Moi, c’est cette approche que je préconise. S’il s’agit des échanges c’est à dire s’ils ne viendront pas que pour écouter la junte. Imaginez un tout petit peu si on demande qui veut prendre la parole, chacun voudra la prendre pour essayer de se faire voir. Pour éviter ça, il faut préciser les choses. Pourquoi pas même adresser des lettres d’invitation.
NB: cette démarche n’a rien à voir avec une quelconque exclusion mais simplement pour mieux organiser les choses.
C’est aussi valable pour les organisations de la société civile.

Mamadou Lamine Barry,
Journaliste politique