Conakry : 12 bœufs tués à l’abattoir de Kakimbo, après altercations entre forces de l’ordre et marchands de bétails

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En débarquant leurs camions remplis de bétails, à l’abattoir de Kakimbo sise dans la commune de Ratoma, les marchands de bétails dudit abattoir ont reçu dans la nuit du mardi, 15 mars 2022, à Kakimbo, une visite musclée d’une compagnie de la gendarmerie de la commune, leur empêchant de débarquer leurs bêtes.
Interrogé par l’AGP, Djebatou Barry, l’un des responsables dudit abattoir, a fait savoir que cette altercation fait suite à une demande d’argent des gendarmes.
Pour notre interlocuteur, ils ont constaté qu’à chaque débarquement, ils sont confrontés aux agents de forces de l’ordre et de sécurité (gendarmes, douaniers et policiers) qui, leurs obligent de payer de l’argent, indique-t-il.
« Au moment où nous avons commencé à faire descendre le bétail, nous avons vu un pick-up de la gendarmerie débarqué sur les lieux. C’est ainsi qu’ils nous ont demandé de payer le quota pour le débarquement. C’est ainsi que nous avons protesté parce que, si nous calculons les dépenses que nous effectuons depuis l’embarquement du bétail jusqu’à la destination finale, les coûts sont colossaux sans compter ce que nous payons aux différents barrages pour la traversée des camions », explique-t-il.
Il a également ajouté que suite à cette mésentente, ils ont perdu 12 bœufs qui ont été fusillés et d’autres ont été traumatisés. Ensuite dit-il, certains de leurs collègues ont été arrêtés arbitrairement.
Face à cet état de fait, M. Djebatou Barry, a lancé une invite aux nouvelles autorités afin que les barrages soient réduits à l’intérieur du pays.
« Je demande au gouvernement de nous aider parce que tous les barrages supprimés sont remis encore. Les bœufs que nous amenons, c’est pour les Guinéens. C’est grâce à nous que le prix de la viande n’a pas augmenté. Quand il voit les camions de bœufs qu’ils les laissent passer. Nous pouvons faire une semaine sur la route à cause de ces tracasseries. Nous sommes fatigués. Chaque voyage nous perdons beaucoup à cause du retard causé par ces policiers et gendarmes », a expliqué Djebabou Barry, marchand de bétail.
De son côté, le président des marchands de bétail en Guinée, Oumar Sylla Bah, a déploré la scène qui s’est déroulée au sein de leur abattoir. Selon lui, l’acte que les forces de sécurité ont fait hier dans leur abattoir, est un acte qui ne s’est jamais produit là-bas.
« A n’importe qu’elle heure on peut faire descendre nos bœufs nous n’avons pas une heure indiquée pour débarquer nos bœufs. Ces marchands quittent très loin avec ces bœufs pour rejoindre Conakry. C’est dans la sous-préfecture de Siguirinin dans Siguiri qu’ils achètent ces bœufs. C’est du commerce bien-sûr qu’ils font pour satisfaire la population guinéenne. Nous souffrons beaucoup sur la route dans un mois nous perdons 30 bœufs. Tout cela est dû aux tracasseries douanières. Hier, nous avons enregistré la mort de 12 vaches et plusieurs traumatisées après l’altercation entre les marchands et les forces de l’ordre », ajoute-t-il.
Informé de cette situation, le directeur communal de l’élevage de Ratoma Aly Tolno, a déploré l’acte qui s’est déroulé à l’abattoir de Kakimbo. Pour lui, c’est un constat amer, parce que dit-il : « Quand je suis venu, j’ai trouvé des animaux couchés certains sont morts d’autres à l’agonie. Après avoir écouté les marchands de bétail, la tracasserie a commencé depuis Dinguiraye. A chaque escale, les marchands sont victimes de tracasseries. Il y a un temps qui est prévu pour transporter ces animaux parce que, c’est une marchandise vivante, dépassé ce temps, il peut avoir des morts et des traumatismes à l’endroit de ces animaux », conclut-il.

AGP