Candidature indépendante: Et si Alpha Condé s’était tiré une balle dans le pied ( Lamine Barry)

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Ça devrait être l’une des nouveautés de la désormais nouvelle constitution. En effet, elle devrait autoriser les candidatures indépendantes lors des élections nationales ( législatives et présidentielle). Car jusqu’ici ces candidatures n’étaient autorisées qu’aux élections locales. D’ailleurs c’était l’un des arguments de certains activistes de la société civile accusés á tord ou á raison d’être des apendicites du parti au pouvoir, pour appeler le peuple à adopter le projet de nouvelle constitution qui a fracturé la classe politique et sociale du pays. Maintenant qu’elle a été adoptée ( dans des conditions troubles), on apprend par le biais d’un avocat á la cour á l’occurence Me Pépé Antoine Lama que l’article 42 relatif á la candidature indépendante a été modifié. En clair, seules les candidatures parrainées et présentées par des partis politiques sont possibles aux élections nationales d’après lui. Dans la foulée, chacun y va de son commentaire. Le ministre de la justice, principal artisan connu de la nouvelle cinstitution est allé même jusqu’á parler d’erreur.

Mais est-ce vraiment une erreur ou une action sciellement menée dans le but de duper ces activistes? Car en réalité, le président de la République Alpha Condé par ailleurs président du RPG Arc-en-ciel n’a pas interêt à ce que les candidatures indépendantes soient autorisées. Pourquoi?

Rien qu’à analyser les résultas des élections locales de 2018, on comprend clairement que les candidatures indépendantes représentent un réel danger pour les partis traditionnels et particulièrement pour le RPG Arc-en-ciel. En effet, en 2018, le parti du président Condé a été mis en ballotage dans son propre fief parfois même malmené. C’est le cas à Faranah oú la mairie est dirigée par la liste indépendante. Le cas le plus emblématique c’est sans doute Kaloum, le centre administratif du pays oú pour la première fois dans l’histoire politique du pays, échape au parti au pouvoir. La mairie est dirigée par Aminata Touré, une candidate indépendante á la tête de son mouvement Kaloum Yigui.

Imaginons donc qu’á un moment oú la classe politique guinéenne dans sa globalité est decriée par une bonne partie de l’opinion car selon elle, ces hommes politiques ont montré leur limite. Qu’á ce moment on autorise des personnalités indépendantes qui jouissent d’une certaine popularité, reputées pour leur bonne moralité puissent faire acte de candidature á la présidentielle. Ces candidatures pouraient priver des partis traditionnels d’une partie de leur électorat.

Donc on le voit, autoriser les candidatures indépendantes aux élections nationales est un pari très risqué pour les formations politiques traditionnelles mais il fallait quand même l’inclure dans le projet de nouvelle constitution pour minimiser la fronde sociale et s’attirer de la sympathie et de l’adhésion de certains activistes. Ce qui fut fait. Aujourd’hui ils ( promoteurs de nouvelle constitution) sont à l’épreuve des faits. Cette fois-ci la roublardise politique du renard risque de ne pas passer.

Mamadou Lamine Barry, journaliste au groupe Evasion

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