Reportage/Bas-fond de Bonfi ( Conakry) : les scieurs exposés à plusieurs dangers

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Au Bas-fond de Bonfi, le plus grand centre de bois de la Guinée, les scieurs enregistrent plusieurs blessures par jour. Les machines  sont archaïques et les travailleurs ne disposent pas des matériels de protections.

Refletguinee.com y a fait un tour ce mardi 5 février 2019. Le constat révèle que la plupart des travailleurs sont des pères de familles, ce qu’ils gagnent par jour ne leur permettent pas d’acheter une paire de lunette encore moins une paire de gans.

« Ici, tous les jours ce sont des blessures. J’ai perdu un doigt dans ce métier comme beaucoup d’autres. Tout ce qu’on gagne c’est pour la famille. Il n’y a pas de travail », explique Yamoussa CAMARA, raboteur.

Dans les ateliers de sciage, les blessures ne sont pas les seuls dangers. Les copeaux qui se dégagent du bois sont aussi un autre danger. A force de respirer les poudres de bois, beaucoup d’apprentis tombent malade. Ils n’ont pas de syndicat.

Dans ces ateliers, c’est le chacun pour choix qui règne. « Il y a certains travailleurs qui perdent leurs mains, d’autres tombent malades. Nos chefs ne se préoccupent pas de nous. Ce n’est pas parce que tu as perdu ta main qu’on va te secourir. Dans ce métier on se confie à Dieu », raconte Alya SYLLA, apprenti scieur.

Ici, les réponses sur les questions de santé se ressemblent. Les quelques rares apprentis qui reçoivent l’aide de leurs maîtres, en usent pour d’autres raisons.

 « Les rognures de bois ne me donnent pas de maladie. Je m’achète souvent du lait pour nettoyer mon cœur. Mais les apprentis, quand tu leur donne de l’argent pour acheter du lait, ils ne le font pas. Ils vont plutôt s’acheter du riz. S’ils tombent malades, on les assiste si on a les moyens », déclare Demba CAMARA, maître scieur.

Au Bas-fond de Bonfi, les ateliers tournent tous les jours, les travailleurs de bois se préoccupent beaucoup plus du manque de bois que de leur santé.

Ousmane Condé

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