Tougué: En etat délabrement poussé, le collège de Kollangui manque d’enseignants

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Le collège Kollangui, commune rurale de Tougué dans la région de Labé se trouve dans un état délabrement avancé et fait face à un déficit de personnel. En tout et pour tout, le collège ne dispose que de deux titulaires et cinq enseignants contractuels communautaires. Le principal du collège lance un cri de cœur. 

Crée en 1988, le collège de Kollangui a été fermé pour la première fois en 1994 et rouvert en 2000. Depuis cette date, ce temple de savoir n’a jamais connu une rénovation. Mur fissuré, des tôles frappées par l’usure qui n’empêchent plus l’eau de rentrer dans les salles où les plafonds et tables bancs sont un lointain souvenir, c’est l’une des images qui frappent tout visiteur des lieux. Faute de clôture, les animaux ont investi les lieux pour en faire une habitation et l’impact de leurs déchets est palpable.

Le forage en panne depuis longtemps qui s’y trouve et les herbes qui ont poussé dans la cour faute d’entretien constituent une preuve de manque d’attention à l’égard de ce temple de savoir. Peu fréquenté, ce collège de cinq salles a un effectif de 153 élèves dont 56 filles pour 35 candidats au BEPC. Nommé en 2019, le principal du collège explique les difficultés dans lesquelles se trouvent son école: « Il y a beaucoup de problèmes d’enseignant dans cet établissement où il y a que deux titulaires avec un effectif 153 élèves. Les contractuels communautaires sont plus nombreux qui sont pris en charge par les parents d’élèves. Donc c’est l’une des difficultés majeurs au sein de notre établissement. L’état ne nous aide que très peu au sein de notre établissement et nos ressortissants encore ne viennent pas en aide actuellement au sein de l’établissement. De sa création à nos jours, il n’y a pas eu de renouvellement. Donc il y a des fissures, les tables bancs, on ne renouvele pas. Il n’y a pas de plafond. C’est à l’ouverture que les contributions parentales des élèves, on cherche à renouveler les tables bancs pour que les élèves puissent avoir là où ils vont s’assoir » explique Moussa Bailo Barry. 

A ses propres frais, ce principal explique qu’il se déplace chaque jour pour aller chercher les enseignants dont certains habitent à neuf kilomètres de l’établissement.

Moussa Bailo Barry, principal du collège

« L’appel que j’ai à lancer aux autorités, aux personnes de bonne volonté c’est de nous venir en aide surtout au niveau des enseignants. Parce que si on parle d’un établissement d’enseignement d’abord c’est le personnel enseignant. S’il n’y a pas de personnel enseignant, cela veut dire que l’établissement ne peut pas fonctionner. Donc je demande à l’état vraiment de nous venir en aide pour envoyer les enseignants au sein de notre établissement » plaide le principal dudit collège.

L’association des parents et amis de l’école (APAE) mobilise environs 18 millions de francs guinéens à travers des cotisations de la communauté pour payer les enseignants contractuels chaque année. Un soutien de l’Etat pourrait alléger cette charge et contribuer à la qualité de formation des élèves. 

Amadou Tidiane Diallo depuis Tougué 

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