Port obligatoire des bavettes : la mesure transformée en fonds de commerce par les forces de l’ordre ?

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Dans le cadre de la lutte contre le nouveau coronavirus, le gouvernement guinéen a rendu le port du masque local obligatoire sur tout le territoire. Tout contrevenant est sommé de payer une amende de 30 mille francs guinéens. Mais ces derniers jours, des agents de maintien d’ordre ne se contentent pas d’attendre ceux qui ne portent les masques sur les places publiques. Ils rentrent même dans les quartiers pour procéder à des arrestations selon plusieurs citoyens. C’est le cas notamment à Sangoyah, dans la commune de Matoto, où les forces de l’ordre ont transformé selon des citoyens la mesure gouvernementale en fonds de commerce.

« Normalement, c’est dans les lieux publics, sur la route qu’ils doivent interpeller les gens et les demander à payer de l’argent mais depuis quelques jours nous constatons qu’ils rentrent dans le quartier pour cueillir les gens comme des bandits. On arrête les gens devant leurs portes alors que ce n’est pas ce que veut le gouvernement. Mais comme le décret n’est pas bien encadré, ils font ce qu’ils veulent. C’est juste pour se remplir les poches parce que quand ils arrêtent les gens, on les classe comme des boîtes de sardines dans pick-ups. Est-ce que même en faisant comme ça, ils ne participe pas à la propagation du virus ? », dénonce, O. Camara dont le frère a été embarqué ce matin alors qu’il était devant sa porte.

Dans plusieurs quartiers de la capitale, des citoyens ont confié à refletguinee que des patrouilles inopinées sont effectuées dans le but de prendre des gens qui ne portent pas les bavettes.

Pour l’heure si on sait combien doit payer tout contrevant, on n’en sait pas où va le montant récolté, aucune trace. Ce qui pour beaucoup d’observateurs encourage les forces de l’ordre à interpeller autant que possible pour se faire de l’argent facilement.

Dara Bah, refletguinee

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